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La Commissaire Européenne de l’Agriculture, Mariann Fischer Boel à Parme
30/11/07
La Commissaire Européenne de l’Agriculture, Mariann Fischer Boel, accompagnée de Daniele Bianchi, membre du Cabinet responsable des Indications Géographiques s’est rendue aujourd’hui sur les sites de production du Parmigiano-Reggiano et du Jambon de Parme.
Cette visite à Parme faisait partie d’une tournée italienne au cours de laquelle, la Commissaire Européenne souhaitait rencontrer les deux personnes les plus importantes dans le domaine des Appellations d’Origine Protégée. Ce matin, Mariann Fischer Boela a visité la fromagerie San Lucio à Sala Baganza et le site de production de jambon Slega à Langhirano, toutes deux dans la région de Parme, afin de se familiariser avec les méthodes de productions spécifiques de ces « Rois » du fromage et du jambon. A cette occasion, elle a pu également rencontrer les présidents des deux Consortiums – Stefano Tedeschi pour le Jambon de Parme et Giuseppe Alai pour le Parmigiano-Reggiano – et réfléchir aux forces et aux faiblesses de ces deux marchés.
Au cours de cette réunion qui s’est déroulée au Musée du Jambon de Parme à Langhirano, Giuseppe Alai s’est exprimé sur l’utilisation abusive de la dénomination « Parmesan » et sur la décision imminente de la Cour de Justice à ce sujet. Il a également évoqué le besoin d’un système de défense Européen plus efficace envers les contrefaçons. Il a en effet rappelé que le Parmigiano Reggiano est l’un des produits les plus imités dans le monde.
Il réitéra l’importance de disposer d’outils appropriés afin d’obtenir des marchés équilibrés, tout particulièrement dans le cadre d’une évolution du système des quotas laitiers. Il a souligné le besoin des produits AOP de disposer d’outils de gestion de la production efficaces afin de faire face aux nouvelles dynamiques économiques. Alai termina son discours en insistant sur le besoin immédiat d’un changement de la loi régissant l’emballage des produits dans la région d’origine – afin de protéger la qualité du produit et de garantir aux consommateurs européens l’authenticité du Parmigiano Reggiano.
« Cette rencontre, déclare Giuseppe Alai, président du Consortium du Parmigiano-Reggiano, représente une grande opportunité de renforcer le poids économique direct et indirect de nos productions locales. Elles sont fortement enracinées dans leur territoire et jouent pour cette raison un rôle capital tant dans la protection de l’environnement et tout particulièrement dans les zones marginales, que dans la production agroalimentaire traditionnelle. Ce patrimoine doit être protégé et l’Union Européenne nous aide à lutter contre les contrefaçons qui portent préjudice, non seulement aux producteurs mais également aux consommateurs. Nous attendons le verdict de la Cour Européenne de Justice sur le « cas » du Parmesan et nous espérons sincèrement que ce terme ne sera pas considéré comme « générique ». Ainsi nous pourrons protéger notre Parmigiano-Reggiano et faire avancer le système de protection des Indications Géographiques. Par ailleurs, afin de renforcer les nouvelles dynamiques de marchés, les produits AOP doivent disposer d’outils de gestion de production à la hauteur des exigences des plans de production. »
Stefano Tedeschi, président du Consortium du Jambon de Parme souligna la situation des produits AOP à échelle internationale. Bien que le cas de « Parma » soit relativement simple à échelle européenne, cela n’est pas le cas hors Europe.
L’exemple du Canada montre très clairement le manque d’outils légaux contre les abus à l’étranger. Au Canada, l’un des plus grand consommateurs non-européen de jambon à la Couronne, le Jambon de Parme a dû « changer de nom » et se positionner sur le marché en tant que « the orignal Prosciutto ». En effet, un Italien, installé au Canada a déposé le nom « Parma » puis l’a revendu à une multinationale qui l’utilise désormais pour vendre sa viande, laquelle n’a rien à voir avec le Prosciutto di Parma AOP. À l’international, la logique du dépôt de marque prévaut sur les valeurs liées à l’origine géographique du produit.
Le Consortium du Jambon de Parme dépense beaucoup de temps et d’argent à expliquer à la très sceptique Organisation Mondiale du Commerce que l’AOP n’est pas une marque mais l’expression d’une culture appartenant à région d’origine bien définie. L’appellation « Prosciutto di Parma », est une AOP, ce qui signifie qu’il ne peut être fabriqué qu’à Parme où sont réunies les conditions climatiques, culturelles et humaines indispensables à sa réalisation.
Le Prosciutto di Parma et le Parmigiano Reggiano sont des membres actifs d’OriGIn, réseau international fondé en 2003 pour la défense et la promotion des Indications Géographiques, et qui regroupe des producteurs issus de plus de trente pays à travers le monde. OriGIn demande à l’OMC d’assurer aux produits des Indications Géographiques, la même protection dont bénéficient aujourd’hui les vins et spiritueux.
Stefano Tedeshi conclut son discours en remerciant la Commissaire Européenne pour le soutien international qu’elle apporte aux AOP, rappelant le rôle indispensable que jouent les fonds européens dans la promotion engagée par les Consortiums. Le Jambon de Parme et le Parmigiano Reggiano font également partie d’un projet de promotion de trois ans aux Etats-Unis, co-financé par l’Union Européenne à hauteur de 4 millions d’Euros. Simultanément, une annonce faite il y a quelques jours confirmait la mise en place d’un programme similaire au Japon, pour un budget de 3,6 millions d’Euros.
« Grâce à l’Union Européenne, le Prosciutto di Parma et le Parmigiano Reggiano sont actuellement impliqués dans un certain nombre de campagnes de promotions des AOP dans les marchés émergents, déclare Stefano Tedeschi. Nous comptons sur l’Union Européenne pour obtenir une protection légale qui dépasse les limites de l’Europe et qui nous permettra de combattre les utilisations abusives des appellations et les imitations en règle générale. En ce qui concerne le marché domestique, nous encourageons vivement l’Union Européenne à donner des réponses pratiques et normatives aux problèmes suivants : l’utilisation et dénomination des produits AOP en Europe en tant qu’ingrédients ainsi que la différenciation et mise en évidence des différents logos sur les étiquettes ».
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